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Ericslide Lefty Firesteelbird

Ericslide Lefty Firesteelbird

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La première fois que j’ai entendu parler de Loïc Le Pape, ce devait être en juillet 2009, sur un magazine de guitare. Je crois que c’est Judge Fredd qui avait écrit un article sur l’XploRat réalisée par Loïc. Ce n’est pas tant cela qui m’intéressait dans ce magazine, que l’article que le même Judge avait réalisé sur les pédales Bullit de Vincent Loret. Car tout est parti de là, et après avoir reçu Vincent chez moi pour un BBQ mémorable et quelques essais de Bullit Fat Vintage (j’en utilise deux aujourd’hui), la conversation a glissé sur les guitares de Loïc.

Quelques mois après, la réflexion ayant mûri dans ma caboche, je décide de prendre contact avec Loïc, pour lui faire part de mon projet. En l’occurrence, une Firebird tout acier, gauchère, finition relativement sobre. Pourquoi une Firebird ? Parce que. Parce que j’aime la forme de cette guitare, parce que je suis un grand fan de Johnny Winter, parce que Sonny Landreth, mon prof de slide, l’a également utilisée à une certaine époque, parce que... j’ai toujours rêvé d’en avoir une. Mais, je suis aussi fan de guitare en métal ou en inox, possédant par ailleurs un dobro (DM33 de chez Gibs’) et une magnifique Trussart de 1997, une Steeldeville équipée de micros Joe Barden.

Renseignements pris sur les réalisations de Loïc, les divers feedback des utilisateurs (dont Alex Turbé) et quelques conversations Telephoniques plus tard donc (Le Loïc est un passionné, c’est dingue comme ce gars-là peut transmettre sa passion à ceux qui l’écoutent !), c’est au mois de janvier 2010 que le projet est lancé. Rendez-vous fin juin pour la livraison, avec entretemps quelques conversations supplémentaires sur des points de « détail » qui auront eu leur importance, notamment l’idée de Loïc sur la finition « argent vieilli ». On était plutôt parti sur une finition genre acier brossé, mais Loïc a insisté pour vieillir un peu le métal, et le résultat esthétique est juste incroyable.

De toute façon et d’une manière générale, je me suis laissé guider par les préconisations du luthier, je lui ai fait confiance et j’ai eu raison. Mon seul souhait, si je puis dire, était que cette guitare soit équipée de P90, aucun problème évidemment.

C’est long, 6 mois !! mais c’est comme ça.

Fin juin, la guitare arrive chez moi (UPS, moins de 48h, nickel). Je suis étonné par la taille du carton. C’est grand ! je déballe, un magnifique étui Rockcase héberge la bête. J’ouvre, et évidemment, au bout de 6 mois d’attente, ça pulse un peu plus à l’intérieur de moi. La guitare est là, sous mes yeux, et franchement je reste bien 5 minutes à la regarder dans l’étui avant de me décider à l’en faire sortir ! elle est magnifique (je n’ai jamais eu de photos auparavant, je n’en ai d’ailleurs pas demandé à Loïc), déjà donc au niveau esthétique, c’est gagné.

En sortant la guitare de l’étui, je vérifie le poids, nickel, ça fait pas plus que 4 kilos. Une chose me surprend cependant : la taille ! Je n’ai jamais essayé de Firebird, et pour être franc, je n’en même jamais vu de près. Putain, elle est longue ! Comparaison faite auprès de mes autres guitares, elle les dépasse de dix bons centimètres, c’est pas neutre.

Bref, en faisant le tour du proprio, je me dis qu’il va me falloir l’apprivoiser, et effectivement, la maîtriser me demandera quelque temps d’adaptation.

Le manche : réalisé par un confrère de Loïc, le luthier Sebaston, me tombe sous la main direct. Dixit Loïc, c’est un acajou d’une bonne cinquantaine d’année, tellement dur que difficile à travailler (adaptation talon/corps). Les mécaniques types banjo, renversées si l’on peut dire, demandent une certaine adaptation. D’une part pour leur précision, d’autre part par le fait qu’elles sont inversées par rapport à mes guitares (Tele et Strat). Un peu chiant lors de réaccordage en concert, faut juste penser à tourner le bouton dans l’autre sens et que la grosse corde se trouve en haut ! action des cordes : j’ai rien touché, alors que je m’y étais préparé vu que je ne joue qu’en slide et que cette guitare, j’ai décidé de l’accorder en open E.

Bon. Je la joue un peu chez moi pour assimiler le gabarit et les fonctionnalités, et voilà le premier concert, le 3 juillet dernier. Concert… oui. Comptez pas sur moi pour vous faire des samples à la maison ou des vidéos solo de cette guitare. Pour moi la guitare n’est qu’un instrument, et il se trouve qu’elle est au service d’un groupe. Donc mon avis n’a de valeur que dans le contexte du groupe. Première chose. Deuxièmement, je ne peux dissocier la guitare du système d’amplification que j’utilise ainsi que de ce qui se trouve dans mon pedalboard. Troisièmement, un avis sur un instrument de musique est forcément subjectif, alors autant le faire dans son contexte d’utilisation. Donc on commence par là : mes guitares sont amplifiées par une tête Vox Night Train de 15 watts, reliée à un HP 1x12 maison dans lequel se trouve un 12’’ Vox/Celestion. Lors des concerts en plein air, le HP est repiqué par un micro Sennheiser pour aller sur la sono. C’est tout et ça suffit. Au pied, j’utilise les effets suivants, et dans l’ordre, de gauche (input) à droite – au passage pas de boucle d’effet, y en a pas sur la tête Vox, ce qui ne me pose aucun problème : Boss TU2, Maxon OD9, VL Effects Bullit Fat Vintage, VL Effect Bullit 82 Reissue, Boss chorus CE-5, Boss DD-3, Boss DD-20. Le tout opéré (sauf le tuner) par un looper 6 switches de chez Loop Master (je recommande). En concert, la Maxon est systématiquement enclenchée, réglages au milieu, la tête Vox étant sur la position clean (j’aime le crunch). Les Bullit me servent, pour les solos de slide, à envoyer la semoule qui va bien. J’utilise très peu les Boss (sauf la DD3, en sourdine, pour palier à l’absence de reverb sur la tête Vox) mais elles sont utiles pour certains morceaux/climats.

J’avais déjà testé la guitare à la maison, bien entendu. Pas fou quand même ! J’avais été agréablement surpris par la qualité sonore des P90 : ça chante, ça envoie, et ce n’est pas criard. C’est chaud. Quelque chose entre un single coil et un humbucker, mais un sustain et une musicalité incomparables. Ça m’a rappelé la conversation avec Vincent Loret lorsqu’il était venu chez moi… « Je rêve d’une guitare Loïc Le Pape, avec des P90 ». Je comprend pourquoi maintenant, Vincent. Question taille, j’avais essayé de m’y habituer chez moi également. Inutile. Fallait le faire en concert, je l’ai appris à mes dépens.

Donc concert. La guitare est utilisée en open de Mi, comme précisé plus haut. Au premier morceau, d’emblée, je ne me trouve pas confortable avec, habitué que je suis à des gabarits de guitare plus petits, tels Les Paul, Strato ou Tele. Je ne sais pas comment tenir la guitare. Ça me pose des problèmes, notamment au niveau du manche. Je n’arrive pas à en voir le bout, jouer dans les cases du haut me semble impossible ! Et puis finalement, après 3 ou 4 morceaux, ça commence à se mettre en place. Rigolez pas, je me suis remémoré à ces instants les vidéos de Johnny Winter ! Le corps de la guitare doit être plus vers la gauche (je suis gaucher) de façon à ce que le manche tombe normalement sous la main droite. J’arrive à peu près à assimiler cette nouvelle position et ça fonctionne ! Dans le même temps, la guitare s’équilibre, bingo… car elle penchait lourdement côté tête, la bougresse. Mais non, une fois compris le truc, tout va bien. Le manche, en slide, hyper confortable. Même en jouant normalement (je frette pas mal derrière le slide), c’est parfait. L’action des cordes est idéale, le slide ne frotte pas et les notes frettées au doigt sortent comme il faut. Le bonheur. On envoie des morceaux, hors compo, du style « Just Got Paid », de ZZ top. Partout, ça va. Le haut, le milieu, le bas du manche, une fois la position de jeu assimilée, c’est du gâteau. Je commence à sentir que cette guitare est faite pour moi.

Le son maintenant. Plutôt habitué à utiliser les micros manche (Tele, Strat, Trussart, sauf Les Paul), je joue avec le sélecteur de micro et les potards de volume/tonalité. Un mot sur ceux-ci, ils sont progressifs et efficaces, juste comme sur ma Les Paul. Le Warm SP Custom en position manche est un pur régal. Puissant, moelleux, il chante sous l’effet du slide. La position micro chevalet envoie l’agressivité qu’il faut sur les chorus, la dose d’aigus impeccable, en conjonction avec le potentiomètre de tonalité. La combinaison des deux – en jouant sur le volume de l’un ou l’autre des micros, ouvre des horizons sonores que je ne soupçonnais pas. La guitare est incroyable de versatilité ! Bien entendu, les pédales VL Effects ont aussi leur mot à dire dans le rendu sonore de ma configuration au sein de mon groupe, et amènent la gouache nécessaire lors de l’intervention de certains solos. Je peux accrocher le feedback (pas le larsen) et ça reste musical sans déchirer les tympans.

Si je devais faire une comparaison (triviale), je dirais que le son que j’obtiens se situe entre ma Tele 52 RI (équipée d’un GFS double-rail en micro manche) et ma Les Paul Custom. Une grande polyvalence de sons dans un seul instrument. De la puissance et de la finesse, une guitare qui réagit à l’attaque des doigts, du médiator et du slide. Du punch quand il le faut.

Bref. Elle est belle, elle sonne, elle fait le boulot. Et il y a un type derrière qui peut s’en occuper si il y a un problème, je veux parler de Loïc. Dans ces conditions, je veux bien attendre 6 mois ou un peu plus, alors. Ça valait la peine. Je pense que tous ceux qui utilisent une guitare LLP seront d’accord avec moi. Loïc, ne change rien, s’il te plaît, surtout, ne change pas, toi ! Garde ton âme, reste comme tu es et continue à prendre le temps de construire ces magnifiques instruments...

Je pense que je vais continuer à apprendre la patience !

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